Philippe Bonnet
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A NE PAS MANQUER
Phillipe Bonnet

"La Place Dauphine était un lieu parisien de prédilection des surréalistes, dont la forme triangulaire étroite, à l'extrémité de l'Ile de la Cité, leur rappelait les jambes fuselées d'une femme. C'est un des seuls coins du premier arrondissement qui ne soit pas envahi par les touristes, faiblement éclairé, aux brasseries authentiques et à l'hôtel peu fréquenté qui n'a quasiment pas changé en un demi-siècle. C'est là que se situe la Galerie Nabokov, qui, ce mois-ci, organise le retour d'un quasi-surréaliste oublié, Philippe Bonnet.
Il s'agit d'une exposition dans un décor évoquant le Paris des années 50, fraîche et originale. Bonnet, à présent âgé de 80 ans, a été découvert après la Seconde Guerre mondiale par le marchand d'art prééminent Heinz Berggruen, ami de Giacometti et Tristan Tzara.
Il n'a pas exposé pendant des décennies mais continue de s'adonner au duel entre matérialité et dématérialisation, construction et déconstruction, en peignant des nus, des parties de corps et des natures mortes qui sont dotées d'une intense luminosité et d'une intériorité de l'être. La délicatesse de sa ligne est subtile ; il utilise une palette de couleurs restreinte - ocre, bleu-gris clair, beige - il crée et gratte couche après couche, laissant des formes vagues, des motifs cachés dans la texture de la peinture, un palimpseste d'images et de tracés.
Sa collection de panneaux sur carton et canevas, suspendus de manière noble à des murs décolorés dont la peinture s'écaille, est stupéfiante : des tableaux dont la sombre réticence place Bonnet dans l'ère d'après-guerre, mais dont l'anxiété et le rendez-vous urgent avec la peinture touche et émeut aujourd'hui."


Financial Times 17-18 Novembre 2007 - Jackys Wullschlager

 

Philippe Bonnet
«Un choix d'œuvres récentes d'un peintre qui poursuit son cheminement sans se soucier des modes. Natures mortes, paysages, portraits expriment ici une double approche, Celle d'une matière d'abord dont il joue aussi bien de la densité que de ses évanescences. Celle d'une palette ou les nuances composent parfois sur un mode qui évoque celui de la fresque - d'infimes subtilités. La figuration de Philippe Bonnet nous donne à voir le monde sur des toiles ou l'indicible semble surgir soudain, tels ces visages ou ces horizons marins : fragiles, tenus- ils n'en paraissent que plus émouvants. »
B. G.
Jusqu'au 30 Novembre, Galerie Nabokov, Paris 1er 01-40-46-04-36

Les Choix de l'Obs - Paris Ile de France N° 2246 du 22 novembre 2007

 

Philippe Bonnet
Des origines au transfert

« Philippe Bonnet est de retour après plusieurs années d'absence des cimaises parisiennes. D'essence méditative, sa peinture a mûri en ce qu'elle défie le temps, sen abstrait pour une intemporalité vers laquelle le peintre tend depuis de nombreuses années. Sur carton, sur papier maroufle, sur panneau, sur bois, il travaille l'huile en profondeur par couches superposées traversées par des glacis, ou encore ce sont des jus coulant en toute liberté pour créer des espaces de respiration.

Bonnet poursuit la thématique que nous lui connaissions: des nus, des figures ou des objets, dont le trait elliptique circonscrit la forme. Le dessin énonce plus qu'il n'affirme, il suggère et se refuse a. décrire. L'image semble remonter d'un passe qui ramène avec lui la lumière, réveille a la vie ce qui s'était assoupi. Les ruptures soudaines du trait, l’effacement volontaire de l'écriture, qui se dilue dans une matière sensuelle, participent de cette stratification de la surface. Les nus verticaux ont un hiératisme aussitôt démenti par une pâte généreuse et nourrie. Même impression d'un temps suspendu avec les compositions dans lesquelles on lit des vases, des flacons, poses sur une desserte. Ces objets usuels et ordinaires sont investis d'un sentiment de rareté, à la façon des objets de fouilles, identifies sur les murs d'une villa pompéienne. Cette similitude formelle et tactile, ainsi qu'une palette sobre aux éclats d'ocres, de bleus et de blancs crayeux, suggèrent l'évocation d'une fresque. Sur de son métier et engage d'une façon irréversible dans son univers pictural, Philippe Bonnet ne se refuse aucune liberté. Le geste est resserre et dense, et 1'artiste déverse avec bonheur la lumière qui submerge la surface. L'audace des décalages exprime non plus la réalité photographique, mais sa réalité, celle de peintre et de poète. 

Galerie Nabokov, 26, place Dauphine, fie de la Cite, P. Jusqu'au 30 novembre. »


La Gazette Drouot - Le Magazine N° 41 du 23 novembre 2007 – Lydia Harambourg

 

Le Nouvel Obs

Philippe Bonnet
«Galerie Nabokov 23 place Dauphins île de la Cité 1er. 01.41.46.04.36 M° Pont-Neuf. Jusqu'au 8/12.
Un choix d'œuvres récentes d'un peintre qui poursuit son cheminement sans se soucier des modes. Philippe Lejeune conçoit son travail en appliquant ce désir de "volonté". Natures mortes, paysages, portraits expriment ici une double approche. Celle d'une matière d'abord dont il joue aussi bien de la densité que de ses évanescences. Celle d'une palette où les nuances composent (parfois sur un mode qui évoque celui de la fresque) d'infimes subtilités. La figuration de Philippe Bonnet nous donne à voir le monde sur des toiles où l'indicible semble surgir soudain, tels ces visages ou ces horizons marins : fragiles, ténus, ils n'en paraissent que plus émouvants. »


Le Nouvel Obs - Paris Ile de France N° 2247 du 29 novembre 2007